J'ai râlé encore un peu quand ils n'avaient rien changé après deux jours. Puis ils m'ont répondu aujourd'hui avec des plates excuses. Donc ça va, je suis satisfaite, même si j'ai dû passer pour
une horrible mégère...
J'ai râlé encore un peu quand ils n'avaient rien changé après deux jours. Puis ils m'ont répondu aujourd'hui avec des plates excuses. Donc ça va, je suis satisfaite, même si j'ai dû passer pour
une horrible mégère...
Aujourd'hui, on m'a contactée pour me demander l'autorisation d'utiliser l'image du "A" de mon abécédaire à des fins d'illustration :
Bonjour,
Dans le cadre du lancement d'un débat "le mot de la semaine" sur le site Espace Public (le site des auditeurs des radios de Radio France), nous souhaiterions utiliser votre visuel, pour une
petite illustration ; si vous nous donnez l'autorisation, quel copyright dois-je indiqué ? le lancement du débat est prévu le 1er juin prochain.
Peut-être connaissez-vous également des linguistes qui seraient susceptibles de participer à ce débat ?
D'avance merci pour vos réponses
Bien cordialement
Espace Public
Le site des auditeurs de Radio France
http://espacepublic.
En passant sur le fait que j'ai horreur de ne pas avoir affaire à un être humain avec un nom, j'ai d'abord été agréablement surprise. Sur internet, les scrupules se font rares. Par curiosité, je suis allé visiter le site qu'ils mettaient en lien. En allant voir la section concernée, "Le mot de la semaine", vous comprendrez pourquoi mon humeur a brusquement changé.
À quoi bon me demander mon autorisation si l'on présume que ma réponse sera positive ?
Qu'attend-on que je réponde à cette demi-marque de respect ou d'irrespect ?
J'ai répondu ceci :
Cher anonyme, ou devrais-je vous appeler M. ou Mme Public, prénom Espace ?
Je vous remercie pour cette demande. J'aurais trouvé cela très respectueux, toutefois, je vois que vous n'avez pas
attendu ma réponse pour mettre mon image en ligne.
Je pourrais très sérieusement lancer une procédure contre vous pour cette violation de mes droits d'auteur. Il est
spécifiquement écrit sur mon blog que mes images ne sont pas libres de droit. De la part d'un organisme aussi sérieux et renommé que Radio France, je trouve cela particulièrement
insultant.
Par chance pour vous, je n'ai pas de temps à perdre et passerai sur l'offense pour cette fois. Je ne devrais pas, ça ne
fait que vous encourager à ignorer les droits des auteurs, qui existent même sur internet. Cela pourrait être une autre idée de débat pour vous, peut-être.
Merci de mettre un lien vers mon blog (ce lien, précisément : http://mapleleafblog.over-
Pour les linguistes, faites donc appel à des interprètes de conférence. Ils sont extrêmement bien placés pour parler du
sujet puisque leur métier est de passer sans cesse d'une langue à l'autre.
Pourquoi ne pas contacter des animateurs radio francophones de Radio Canada ? C'est un sujet qui revient fréquemment
sur leurs ondes.
Cordialement,
Anaïs K.
Alors oui, j'en ai fait des caisses. J'étais énervée. La personne qui demandait mon autorisation avait après tout de bonnes intentions. Mais les intentions sans les actes ne valent pas grand-chose à mon sens.
Il ne faut pas me titiller avec ma propriété intellectuelle, je suis très sensible là-dessus. J'ai vu assez d'auteurs, dessinateurs, graphistes et autres se faire voler leur travail, pourtant déjà offert gratuitement au public sur un blog, par des sites imbéciles comme Démotivateur ou 9gag. (The Oatmeal raconte ça très bien)
Même si c'est un peu mesquin, j'ai délibérément bloqué le clic droit sur mon blog pour limiter ce genre de chose. Et c'est Radio France qui me fait un pied de nez — croyez bien que j'ai longtemps cherché une expression pas vulgaire. Il y a de quoi être un tout petit peu hérissé, si je puis me permettre.
Mais à part ça, leur émission a l'air intéressante.
Sortons d'une administration pour entrer dans une autre.
Le slogan est prometteur, admettez-le. Au Canada, le service de poste est privé. Donc il ne fonctionne pas le samedi, en plus du dimanche et des jours fériés.
Voici comment écrire une adresse :
| En anglais | En français |
|
John Doe 10 Random Street, Apt#4 Ottawa, ON, K1A 0A1
|
John Doe 10 rue Random, Apt#4 Ottawa, ON, K1A 0A1
|
On peut l'écrire indifféremment dans les deux langues officielles. À noter que, si on traduit street par rue, on ne traduit pas le nom de la rue. Main Street (rue principale) devient donc rue Main. Oui, c'est un peu bancal, et en même temps je peux comprendre que ce soit trop galère d'avoir deux noms de rue par rue.
Une de mes collègues dit qu'il faut mettre une virgule après le numéro de la rue. Personnellement, je ne le fais jamais et mes lettres arrivent quand même à destination...
Le code ON signifie Ontario : c'est la province ou le territoire. Il faut le préciser, comme on précise le département en France.
| Province ou Territoire | Code |
|
Ontario Québec Nova Scotia New-Brunswick Manitoba British Columbia Prince Edward Island Saskatchewan Alberta Newfoundland and Labrador |
ON QC NS NB MB BC PE SK AB NL |
On écrit le code postal après la ville et la province. C'est toujours Lettre-Chiffre-Lettre Chiffre-Lettre-Chiffre avec un espace au milieu. Le code postal couvre une petite partie (généralement à peine quelques rues) de la ville. Il y a donc plein de codes postaux différents pour chaque ville, qui commencent tous par la même lettre. (Ottawa c'est K, Toronto M, Montréal H...)
Ça s'explique notamment car les rues au Canada sont longues. Prenez Bank Street : elle va du Parlement jusqu'à Harmony, ça fait dans les 40 km. Du n°1 au n°9180 et quelques. Donc si vous dites que vous habitez rue Bank, on va vous demander un peu plus de précisions...
On se repère souvent par blocks, ou par croisements : corner of O'Connor and Slater, corner of Rideau and Sussex. Ça donne une bien meilleure idée. Et ça fait très film américain.
Le plus souvent, on écrit l'expéditeur en haut à gauche de l'enveloppe, et pas derrière.
Notez le joli timbre à ratons laveurs.
Quand on vit dans un immeuble ou une maison séparée en plusieurs appartements, on aura une boîte aux lettres sous ce numéro plutôt que sous son nom. Donc il faut le préciser.
On peut l'écrire soit Apt 4, Apt #4, #4, Unit 4, etc, ou n° d'appart - n° de la maison comme sur l'adresse de l'expéditeur ci-dessus.
La première fois que j'ai dû me rendre à un bureau au 200-1545 rue Chose, j'ai eu un grand moment de doute : "Mais, euuuh... l'immeuble il fait toute la rue ?..." En fait, au Canada, les complexes d'immeubles et résidences ne prennent pas plusieurs numéros comme en France. C'était donc au n° 1545, bureau ou suite 200.
Les différents type de rues :
| En anglais | En français |
|
Avenue Court Crescent Drive Road Street Regional Road (RR) Highway |
Avenue Court Coissant Promenade Chemin Rue Route Régionale (RR) Autoroute |
La boîtes aux lettres à Ottawa sont rouges et bariolées. Et comme on est au Canada, elle ne se font pas taguer de partout, ou presque jamais.
Les bureaux de poste sont souvent partagées avec un autre magasin : à côté de chez nous c'est dans un pressing, à côté de mon travail c'est dans une supérette.
De ce que j'ai pu observer, envoyer quelque chose en France depuis le Canada prend deux fois plus de temps que l'inverse. À moins de payer un foie et demi pour le service express, je n'arriverai sans doute jamais à poster mes cadeaux de Noël ou d'anniversaire à temps. À moins de m'y prendre un mois à l'avance, ce que mon penchant pour la procrastination ne me permet pas. (Notez comme je prépare le terrain)
La plupart des guichetiers de la Poste sont très gentils. Enfin, ils sont Canadiens, quoi. Celui à côté de chez moi s'est extasié devant mon passeport français quand je suis venue chercher un colis, et on a discuté 10 minutes du français et de Paris.
Voilà pour le petit tour d'horizon de la poste ottavienne... Comme beaucoup de choses, c'est à la fois très semblable et très différent.
Voilà, j'ai fini mon tour du permis de travail temporaire. Enfin presque.
Ma 2ème demande d'AMT a également été refusée. Cette fois-ci, c'est parce que le salaire était trop bas par rapport aux tâches demandées. Donc j'ai vraiment fait tout ça pour rien. Mais si j'avais été moins spécifique dans la description de l'emploi, il m'aurait probablement dit que ce poste ne justifiait pas d'embaucher un étranger. Un autre petit tampon pour le plaisir ?
J'attends de recevoir mon permis de travail valable 2 ans, grâce à Peter. Il n'y a pas de raison qu'il me soit refusé. Mais bon, j'ai bien appris ma leçon, on ne peut jamais être sûr de rien. Et contrairement à ce que je croyais, obtenir un permis a été plus simple pour lui que pour moi.
Si on me refuse là aussi, je demanderai directement la Résidence Permanente et profiterai du statut implicite, même si ça ne m'enchante pas.
Heureusement que la France a autant d'accords avec le Canada. Si l'un ne marche pas, on peut en tenter un autre. J'aurais aussi sans doute pu demander un permis Jeunes Professionnels. Mais ça n'est valable que 18 mois, ce qui était un peu juste. Et puis, à force, trop c'est trop. Je n'ai ni le courage ni le temps de me renseigner à fond sur autant de visas différents. Je ne veux pas revenir cent fois à la case départ.
Ma seule consolation est que passer par tout ça me permet d'aider les immigrants que je rencontre par la suite.
Ma 100e note parle donc d'immigration. Logique, et pourtant, un peu dommage...!
Donc : le Guichet Emploi, cette merveilleuse institution qui respire l'amour et la convivialité.
Vous devez vous inscrire sur leur site. Facile. On vous demande le numéro d'identification de l'entreprise à l'Agence du Revenu. Bon, vous embêtez votre collègue comptable 5 minutes et c'est bon. Vous vous inscrivez.
Il faut savoir une chose : sur le Guichet Emploi, vous ne pouvez pas écrire une annonce. Vous cochez des petites cases. Ça donne ces mêmes annonces absurdes et vides de sens que vous détestiez tant quand vous cherchiez un emploi : un étalage de vagues clichés qui ne donnent pas la moindre idée du profil que l'employeur recherche. Vous voilà donc passé du côté obscur.
Vous calculez soigneusement la durée d'affichage de l'annonce pour que ça fasse 14 jours civils comme exigé par Service Canada. Vous en rajoutez même quelques-uns, parce qu'on n'est jamais torp sûr.
Repérez le numéro de votre emploi dans la Classification Nationale des Professions (CNP). Il faudra absolument le mettre vous-même dans le dossier d'AMT, sinon Service Canada le fait à votre place et ils vous mettent au plus bas. Or, plus vous êtes haut, plus vous avez de chances de passer.
Vous cochez les cases, vous vous dites : ça ne correspond pas vraiment à ce que je voulais dire, mais bon, j'aurai sûrement la possibilité de détailler librement à la prochaine page. Ah tiens non. La prochaine alors. Non plus. La prochaine ? Bingo : un petit bouton "ajouter des informations". Vous avez droit à 200 caractères. Keep calm and carry on.
L'annonce ne ressemble à rien, mais bon, vous ressentez la satisfaction béate de celui qui suit à la lettre les instructions données, même si c'est n'importe quoi, même si c'est le monde à l'envers, même si n'importe quelle personne dotée d'un microgramme de bon sens éclaterait de rire en voyant la situation. Je le fais, comme ça au moins ils pourront rien dire !
Après ça, vous voyez que vous êtes en attente de vérification. Donc votre annonce n'est pas encore postée.
Deux jours après, vous recevez un courriel disant qu'il faut envoyer le formulaire PD7A de l'entreprise. Vous ré-embêtez votre collègue comptable qui vous le donne, et vous le faxez. Le fax marche pas. Vous réessayez trois fois. Le fax se rit de vous. Vous ne pouvez pas l'envoyez vous-même par e-mail, car votre nom apparaît dans l'adresse, or vous n'êtes pas censé passer une annonce pour votre propre poste. Enfin, peut-être que le Guichet Emploi ne le précisera pas et que Service Canada s'en fout, mais vous n'allez pas prendre le risque. Soit vous embêtez vos collègues pour qu'elles l'envoient à votre place, soit vous attendez rageusement que le fax ait fini sa crise d'adolescence : tu es un fax, un fax, ça n'a pas de scooter, point final.
Vous attendez patiemment d'avoir reçu confirmation que l'annonce est en ligne pour aller modifier la durée d'affichage. Il faut 14 jours civils pour que Service Canada soit content, or ça fait déjà cinq jours que vous avez "écrit" l'annonce. Donc il faut prolonger de cinq jours. Vous ne recevez pas de confirmation. Un beau jour, les candidatures arrivent et vous comprenez que ah oui, tiens, c'est en ligne.
Commencent alors les 14 jours civils les plus longs de votre vie. Vous recevez chaque jour des dizaines de candidatures de gens qui ont l'air très compétents, d'autres moins, et tous vous font mal au cœur et accessoirement vous mettent en rage : vous êtes un être cruel et perfide, mais c'est pas votre faute, on vous a obligé !
Avec la désagréable impression que votre employeur serait bien en droit de vous dire " Bon ça suffit les conneries, tu dégages et on prend un Canadien, comme ça au moins on sera plus emmerdés", vous attendez 14 jours et renvoyez un e-mail de refus à tous ces pauvres candidats disant que vous êtes désolé et que malgré la qualité de leur candidature ils ne correspondent pas au profil recherché, ce qui est faux mais vous vous réfugiez lâchement derrière le charabia impersonnel d'entreprise.
Et vous renvoyez une demande d'AMT en croisant les doigts pour que tout ce merdier en vaille au moins la peine.
Carnet de voyage illustré d'une
Française installée à Ottawa, Canada.
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